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23 décembre 2020 EN CETTE NUIT DE NOËL À quelques jours de Noël, le monde s’enfonce encore dans la nuit de la pandémie. Il faut se rappeler qu’avant de devenir une fête chrétienne, dans la croyance païenne, la fête de Noël était celle du Soleil. Évoquant l’avènement d’un vaccin au COVID, certains empruntent l’analogie de la lumière au bout du tunnel. En attendant, et ce depuis quelques mois, la lumière fait défaut; certains, amis, parents et soignants l’ont perdue à jamais alors que d’autres vivent dans la crainte d’une nuit sans réveil. Le message omniprésent est le même : c’est à nous de faire en sorte que ce qui reste de la lumière ne s’éteigne pas et même qu’on puisse la faire renaître. Si pour les Chrétiens, cette lumière est toute désignée, du moins dans les yeux de leur foi, d’autres, pour lesquels cette fête était avant tout celle des rassemblements familiaux et des cadeaux, cette année il n’y aura pas de Noël. Noël est annulé. Plus optimistes, certains évoquent plutôt un Noël des campeurs quelque part au milieu de l’été 2021. Les Noëls de mon enfance, ceux de mes deux soeurs et de mon frère furent parfois marqués par l’absence non seulement de cadeaux, mais surtout de l’un ou l’autre de nos parents. J’avais sept ans quand à quelques jours de Noël, mon père me tira à part de ma petite soeur de deux ans et demi et me dit : «comme ton frère sera à la messe de minuit, toi et ta grande soeur garderez la maison. Aussi, c’est toi qui joueras le rôle du père Noël pour ta petite soeur. Tu n’auras pas à manger de biscuits ni de t’habiller en rouge, mais avant de te coucher, tu rempliras les bas des fruits et des bonbons que je vous ai achetés et les placeras sur les bras des chaises dans le salon. Quand elle se lèvera, elle pensera que c’est le père Noël qui les aura apportés». Ce que j’ai fait après avoir réalisé à regret l’inexistence de ce coloré personnage. Mais pour ma petite soeur au moins, la magie de Noël avait été préservée. Le jour même, mon père partait rejoindre ma mère retenue depuis plusieurs mois dans un sanatorium pour tuberculeux à plus de cent kilomètres de notre village. Ce n’est qu’à son retour que tel que promis, mon père nous offrait les quelques cadeaux qu’il avait achetés lors de son passage en ville. Afin d’offrir une image de notre petit bonheur à ma mère, ma tante nous prit en photo alors qu’éblouis par le soleil de janvier, nous grimacions en serrant dans nos bras nos précieux trésors. Cinq ans plus tard, ma mère étant à peine revenue du sanatorium, mon père était emporté par le cancer un 24 décembre. Un autre Noël sombre! J’ai donc appris très jeune que s’il devait y avoir un Noël, c’était à nous d’assumer le rôle de porteur de lumière et ce, jusqu’au bout. C’est ainsi que depuis ce jour, j’ai compris que pour y arriver, et pour que le plus de personnes puissent s’y baigner, nous devions non seulement garder l’espoir, mais aussi faire en sorte que le plus de personnes puissent encore l’atteindre; nous devions non seulement nous assurer que le feu reste bien vivant dans les coeurs, mais que ce dernier les garde au chaud pendant les longs mois d’hiver. Aujourd’hui, nous avons une certitude : un vaccin est né et un jour il sauvera des personnes en les immunisant contre cette maladie qui éteint les lumières plus rapidement que nous réussissons à les rallumer. Et alors, on pourra fêter. En attendant, il faut puiser la lumière en soi et la diriger vers les personnes seules ou affaiblis par cette pandémie car bientôt, même cette année, il y aura un Noël, le Noël des coeurs et la fête de la lumière au bout de l’espoir. Joyeux Noël et santé. Je ne suis pas le seul à vous aimer, mais moi aussi. Raymond Breau 12-20